mercredi, 03 octobre 2007
Nous vieillirons ensemble
Actuellement, il y a déjà en France 500.000 personnes de plus de 85 ans. Et elles seront 1.200.000 en 2040 !
C'est déjà étourdissant et vertigineux. Mais c'est surtout une donnée facile à exploiter. Commercialement, bien sûr c'est déjà parti ! Mais surtout à exploiter humainement et socialement. La démographie offre cette précieuse particularité : elle se prévoit et s'anticipe. En théorie du moins, car on perçoit mal qui et comment exploite ces informations. Plus précisément, quelles décisions fermes sont prises sur le sujet ? Un peu à propos des retraites, un peu à propos des structures sanitaires...
Et je ressens l'inquiétant constat que je redoutais : cette génération n'a pas mieux préparé l'avenir pour elle que pour nous ! J'ai déjà abordé les questions posées par la gestion des choses publiques par les baby-boomers, à la lumière des travaux de Louis Chauvel. Je repense aussi à l'ouvrage de Denis Jeambar et Jacqueline Rémy "Nos enfants nous haïront". Voici le résumé, par l'auteur lui même :
Des retraites à payer, une nation paresseuse, une planète abîmée... Un jour, nos enfants auront 20 ans, 30 ans, 40 ans. Alors, pleins d'espoir et affamés d'avenir, ils comprendront que nous, les baby-boomers, leur avons laissé une société usée et mitée. Ce jour-là, ils nous haïront. Et ils auront raison. Nous avons eu tous les atouts en main, nous avons grandi dans une société en pleine croissance. Pourtant, nous sommes la première génération qui laissera moins à la suivante que ce qu'elle a reçu de la précédente. Et c'est le pire qu'on puisse faire à ses enfants: leur léguer des dettes. Il ne s'agit pas de peindre le futur en noir. Mais de jeter un regard lucide sur ce que nous avons fait et de lancer les chantiers de l'avenir. Avant qu'il ne soit trop tard.
Bernard Spitz parle lui de "Papy Krach" pour définir la même situation. Je ne suis, ni de tempérament, ni de conviction, disposé à être pessimiste. Je ne suis donc pas favorable à simplement accuser une génération. C'est un peu facile et impersonnel. Mon optimisme réside dans notre capacité à tirer les leçons ! Mais les modes de gouvernement, de nomination, de fonctionnement (parfois opaques) de cette société doivent être exposés et corrigés. Je pense évidemment à la dette publique et viens à regretter de ne pas être député pour dire que la dérive que nous choisissons de toujours accompagner est suicidaire.
Nota : si les sujets de santé publique vous intéressent, je vous invite à nouveau à consulter le blog de Maxime Gignon qui traite ces sujets avec beaucoup plus de compétence et d'informations que moi...
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