lundi, 05 novembre 2007
Capitalisme appliqué
Cette histoire est vraie, je l'ai vécue en partie. Je pense qu'elle illustre pas mal de choses sur le capitalisme "à la française".
Le groupe papetier OTOR, au sein duquel j'ai exercé des responsabilités professionnelles, a connu un important besoin de trésorerie en 1998. Sa stratégie d'expansion était visionnaire mais financièrement exigeante. Pour faire appel à des capitaux, la France avait décidé de ne pas créer de fonds de pension. Je me souviens Laurent Fabius expliquant que c'était une mauvaise chose de créer des groupes financiers en France. Le groupe OTOR (sur les conseils du Crédit Lyonnais) s'est donc tourné vers l'Américain Carlyle, devenu le plus puissant fonds d'investissement du monde.
S'en est suivi un plan d'action commun, des désaccords et des litiges juridiques majeurs (et rocambolesques). Après avoir "rationalisé" au maximum, Carlyle a redressé l'exploitation et dirige désormais un groupe redevenu bénéficiaire. Pour eux, c'est donc le moment de vendre. La Deutsche bank a donc pour mission de trouver un acquéreur, ce qui ne devrait pas être difficile à trouver : Saïca (Espagnol) et International Paper (Américain) seraient sur les rangs.
Le redressement du groupe s'est fait grâce aux efforts des salariés et du management. On peut espérer également que la pérennité des sites de production sera assurée par de nouvelles alliances durables, industrielles cette fois. Pour le site picard de Contoire-Hamel, je suis optimiste, au regard de l'outil de production, notamment en transformation (où se crée la valeur ajoutée).
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